FICHE 2 : En toute hypothèse, le développement éventuel de l’hydroélectricité ne jouera qu’un rôle marginal dans la transition écologique

Transition écologique : ce terme recouvre à la fois la transition énergétique et le respect de la biodiversité, les deux axes majeurs de notre réponse collective au changement climatique.

Projet de PPE 20202016-201720232028
Hydroélectricité (GW) 25,3 25,7 26,4-26,7
ENR électriques (GW) 48,6 74 102 à 113
Part relative du développement hydroélectrique dans celui des ENR 0,5% 1% du total

Les 3 premières lignes de ce tableau sont directement issues de la PPE 2020 en particulier de l’article 3 du décret du 21 avril 2020 [1] pour 2023 et 2028, Pages 110 et 116 du texte de la PPE [2] pour 2016-2017.

La réalisation de l’objectif de développement assigné par la PPE à l’hydroélectricité ne joue que sur 1% de l’objectif global de développement assigné à toutes les sources renouvelables d’électricité. Les nouveaux aménagements hydroélectriques proposés par la PPE ne représentent que 1,4 GW sur une fourchette d’incertitude de plus de 10 GW sur le parc des ENR électrogènes en 2028 : on est dans l’épaisseur du trait !

L’hydroélectricité a un potentiel de développement intrinsèquement limité [3] et la PPE ne fait que reprendre le potentiel théorique UFE-État [4] en tenant compte de contraintes réalistes.

Ce potentiel gravitaire théorique correspond à 14 % du productible actuel mais cette estimation ne tient compte d’aucune contrainte qu’elle soit de nature économique, géologique, sociale et, bien sûr, environnementale : le potentiel effectif est certainement très inférieur. Plus récemment lors d’un débat sur l’hydroélectricité au bureau du Comité de Bassin Rhône Méditerranée, le représentant de l’UFE reconnaissait que tout au plus un quart (25%) des aménagements projetés pourrait être réalisés [5] ce qui nous amènerait à admettre que 96,3 % du potentiel a déjà été réalisé !

Les thuriféraires de l’hydroélectricité se plaisent à opposer la production soi-disant fiable de l’hydroélectricité à la volatilité de l’éolien et du photovoltaïque. Cette assertion est tout à fait justifiée à l’échelle d’une journée voire d’une semaine, elle est beaucoup moins justifiée à l’échelle inter-saisonnière et carrément fausse lorsque l’on compare les productions annuelles d’une année sur l’autre : le productible métropolitain peut ainsi varier d’une année sur l’autre de +/- 20% autour d’une moyenne située à environ 62 TWh. A cette échelle, l’hydroélectricité se révèle bien plus volatile que, par exemple, le photovoltaïque. Cette remarque relativise la supériorité trop souvent affichée de l’hydroélectricité lorsque l’on en reste à la comparaison des facteurs de charge moyen annuel de chaque source renouvelable d’électricité.

[3Qui ont d’ailleurs été rappelées par la Ministre devant l’Assemblée Nationale le 6 mars 2019 : « L’hydroélectricité est une énergie très ancienne, fortement développée en France et dont les meilleurs sites ont déjà été utilisés ».

[4https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/potentiel%20hydro_synth%C3%A8se%20publique_vf.pdf. L’Union Française de l’Électricité (UFE) regroupent tous les producteurs hydroélectrique grands ou petits

[5Les 3 ouvrages identifiés comme les plus intéressants par le rapport « Pintat » de 1976 ( La production d’électricité d’origine hydraulique. Rapport de la Commission de la Production d’Électricité d’Origine Hydraulique et Marémotrice. Les Dossiers de l’Énergie. La. Documentation Française, 1976) n’ont jamais été réalisés et ne le seront probablement jamais !